- FUSILLADE : Une voiture débarque, 4/5 braqueurs fusillent
les acteurs qui tombent morts a terre.
- ARROSOIR : à la fenêtre de la pluie tombe de
l’arrosoir sur un homme avec parapluie qui lit les faits
divers dans le provençal. Eclairagiste, clape et perchman.
- « QQ CHOSE DE PLUS FORT » : acteurs regroupés
gueulent « vous auriez pas quelque chose de plus fort
» les uns sur les autres + bande son. Ensuite ils se
dispersent sur le son de Micropoint, dansent etc.. emily ou
NB coupe
- ENTRAINEMENT « MILITAIRE » : acteurs et foule
pris dans un entraînement militaire, en rang, droits,
commandé par Fayçal, et assisté par Emily
qui surveille l’immobilité des acteures.
« Mesdames messieurs, étant donné l’échéance
approchante, nous avons organisé un entraînement
de durée et d’intensité supérieurs
à ceux que nous pratiquons d’habitude. Les plus
faibles d’entre vous ne résisterons pas :On les
fera crever. L’abandon dans notre jeu n’est pas
autorisé et aucune excuse ne sera considéré.
Les « autres » approchent et les « autres
» sont forts, beaucoup plus forts que certains d’entre
nous voudraient bien nous faire croire. Sur ce mesdames messieurs,
je vous souhaite d’avoir en vous la volonté des
gagnants. Croyez bien que les vainqueurs n’auront plus
aucunes craintes à avoir en ce qui concerne la suite
de leur carrière. »
- BANQUE, Romain Jean et Marc parlent de la bourse.
- PUB LAIT : table avec distribution de lait dans verres transparents.
- GREVE : Acteurs et équipe de tournage en grève.
Bannière « no camera », panneaux «
F.L.C », « SPECTATEUR OTAGE », « POST
MORTEL CINEMA », Flyer Truffaut « En tant que
cinéphile, je suis un fanatique du DVD » à
distribuer
Romain réclame la libération des réalisateurs.
Emily coordonne + marche arrière !
- SLAM : Installation d’une scène confectionné
avec des palettes et sur un remix de anarchie in th UK organisation
d’un « pogo » avec slam du haut des palettes
. Emily gueule mais personne écoute.
- DETENTE : Emily dirige séance de détente dans
l’espace, musique légère
« Vous êtes ici pour vous détendre, oubliez,
respirez, marchez…de plus en plus vite …faites
abstraction de la réalité, faites des bons,
vous êtes des crayons avec une gomme, vous rebondissez,
vous oubliez, vous volez, vous êtes des oiseaux, il
fait chaud il fait froid. .. »
- BAGARRE , son baston, se transforme en fusillade
Le film est en boucle, on enchaîne sur la FUSILLADE
Post Mortem Cinéma, cinéma post mortem. Un M16
et un colt en plastique fusillent les acteurs. Ils tombent
comme des mouches, secoués par la violence des sons
diffusés sur le plateau. Scène inondée
de lumière, le réalisateur Nicolas Boone aboie
dans son mégaphone on reprend tout, fusillade deuxième.
Les spectateurs assistent et participent à la nouvelle
expérience cinématographique écrite et
réalisée par Nicolas Boone. On ne dérange
pas sur ce plateau de tournage au contraire, les spectateurs
sont enrôlés dans une manif qui tourne en rond
sur le plateau en avant puis en arrière. Les manifestants
suivent un leader qui scande des noms de réalisateurs
tout droit sortis d’un dictionnaire du cinéma
: Scorcese ! …Libéré ! Sur les panneaux
on lit « FLC », « NO CAMERA », «
spectateur otage » ou encore « Post Mortel Cinéma
», ils se sont trompés de film. La foule finit
par se disperser sous les ordres contradictoires d’un
réalisateur et de son assistante qui reprennent leur
émission de radio du dimanche soir de critique de cinéma.
Armés de casques de reporter et de micro ils récitent
des banalités, se disputent à propos d’un
film qui pourrait bien être celui auquel vous assistez.
Pendant ce temps, les acteurs attendent la scène suivante
s’activant autour de la table de régie où
sont servis soupe de lentilles et vin chaud. La foule assiste
perplexe en sirotant son gobelet, ça fait longtemps
qu’on a arrêté de réfléchir
à Marseille entend-on. Mais y-a-t-il lieu de réfléchir
? Le film est en direct, on y parle de cinéma, que
dire de plus sur le cinéma contemporain, cent ans d’histoire
et de pellicule ont épuisé toutes les discussions
concernant les plans, les éclairages ou le travail
de réalisation. Ici on assiste à du cinéma
instantané, servi sur un plateau : Le film ne sortira
pas en salle, promotion et discussion sont faites sur le moment.
La pluie… première…. ça tourne.
La scène suivante se passe sous la pluie. De la fenêtre
du premier étage la pluie sort d’un arrosoir
tenu par l’accessoiriste en équilibre. Sous le
parapluie, il faut faire répéter à plusieurs
reprises l’acteur qui n’est pas d’Hollywood
et bute sur ces mots, incapable de lire correctement les faits
divers du quotidien local. A la fois scène vue et revue
du passant qui lit son journal sous la pluie ou moment on
ne peut plus réaliste puisque les spectateurs quittent
le champ pour éviter de se mouiller tandis que la perche
diffuse le discours et les bruits d’averse. Le spectateur
voit à sa guise une image en deux dimensions, l’homme
dans la rue et son ombre sur le mur, ou bien, en levant les
yeux, appréhende l’ensemble de la scène
la troisième dimension donnée par le parapluie
et l’accessoiriste du haut de sa fenêtre.
On ne s’attarde pas sur cette scène ratée
que l’acteur devra retravailler : La foule est invitée
à réagir et à réclamer quelque
chose de plus fort. Les amateurs de film à sensation,
sous les ordres crachés par le mégaphone de
la réalisation, gueulent qu’ils veulent quelque
chose de plus fort : Les haut-parleurs hurlent du hardcore,
les acteurs libérés se déchaînent,
le réalisateur perd le contrôle de son film.
Coupez le son, on reprend l’émission radio !
Le film semble n’avoir ni début ni fin, les scènes
se répètent dans l’ordre défini
par le scénario, chaque fois retravaillées,
modifiées, améliorées dans la logique
perfectionniste du cinéaste. Non pas une perfection
dans le jeu des acteurs mais plutôt du champ de l’expérimentation.
Place à l’improvisation : Du cinéma en
live avec des accidents, des surprises. Le public ne vient
pas assister à un spectacle, il est lui-même
intégré au film et agit sur le film. Le scénario
donne un fil directeur à l’action mais les acteurs
et le directeur voient le film se dérouler devant eux
en temps réel : on le découvre comme une équipe
de réalisation découvre ses rushes sans vraiment
savoir qui contrôle cette expérience cinématographique.
Le réalisateur reprend en mains ses acteurs et les
prépare à la scène suivante. Sur une
musique relaxante tout le monde se détend. Marchez,
occupez tout l’espace sans vous rencontrer, vos bras
sont légers, la perchman capte difficilement la voix
de l’assistante réa. On s’attend à
de nouveaux actes de violence. Une scène de concert
faite de palettes est installée par la foule qui se
prépare pour un slam façon punk-rock. La sono
diffuse un mix de différentes versions de Anarchy in
the UK alors que tour à tour les participants montent
sur la scène et se jettent dans les bras de la foule.
Acteurs réunis dans un moment de rock’n’roll.
Pas pour longtemps puisque la scène suivante est une
bagarre générale. Bagarre générale,
première, on tourne. La bande sonore explose de coups
de poing, coups de pieds et coups bas, la foule se déchaîne
joyeusement, des couteaux sont brandis, il n’y a pas
d’équipe ni d’adversaire, on tombe, on
frappe sur l’un sur l’autre, jusqu'à l’ordre
du réalisateur qui met fin à l’agitation.
Intermède publicitaire. Cette séance de cinéma
n’est pas épargnée par la publicité.
Buvez du lait ! Tous les jingles se mélangent et matraquent
le public : du milk… mimimimilk everybody drinks milk
version électronique aux lolos de Lola, tout le monde
s’y retrouve et se voit offert un verre de lait. C’est
une campagne de pub efficace, le spectateur figure à
la fois dans le spot publicitaire et est consommateur buveur
de lait. Une fois de plus on voit que son statut n’est
ni unique ni fixe mais combine et navigue entre l’observation,
l’action, la matière du film. De la même
façon, Post Mortem Cinéma, libéré
du temps et de l’intrigue par ses enchaînements
aléatoires n’est pas prisonnier d’une lecture.